Fonds _100 - Claudie Fayein

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FR MMSH_013_MED _100

Title

Claudie Fayein

Date(s)

  • 1950-1993 (Creation)

Level of description

Fonds

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Name of creator

(1912-2002)

Biographical history

Archival history

Née en 1912 dans une famille parisienne aisée, elle ne connut guère son père, Julien Menant, tué en 1915 dans la Somme. C’est son grand-père, Jules Coutan, sculpteur et professeur aux Beaux-Arts de Paris, qui prit donc en main son éducation. Manifestant le plus grand mépris pour les médecins et vivant dans la crainte des maladies contagieuses, celui-ci préféra garder ses petites-filles à la maison et leur faire apprendre à lire et à écrire par des précepteurs, plutôt que de les envoyer à l’école. Grâce à son insistance, Claudie fut finalement scolarisée à l’âge de 14 ans, après une enfance vécue dans l’isolement qu’elle brisait en rêvant de voyages et en se plongeant avec avidité dans la lecture. Très tôt, elle fut sensible aux injustices et inégalités de la société qui l’entourait et, plus tard, elle choisit la médecine comme instrument de son engagement social et politique. C’est au cours de ses études de médecine qu’elle fit la connaissance d’André Fayein qui allait devenir son époux. De cette période date aussi son premier voyage en URSS. Après la débâcle française face aux armées hitlériennes, le jeune couple de médecins quitta Paris et s’installa à la campagne, en Bourgogne. En août 1944, Claudie Fayein réussit à sauver in extremis d’un peloton d’exécution allemand son mari qui était engagé dans la Résistance.
À la libération, les Fayein et leurs quatre enfants retournèrent à Paris et Claudie accepta un poste de médecin conseil à la Sécurité Sociale dans la région parisienne. Durant cette période, elle prit davantage conscience de l’ampleur du sous-développement des pays du tiers-monde. Se souvenant d’une promesse qu’elle s’était faite petite, de se rendre utile dans ces pays, elle décida de se porter candidate à l’étranger. Femme approchant la quarantaine et mère de quatre enfants, sa candidature ne pouvait que susciter des doutes auprès du Ministère des Affaires étrangères. Elle persévéra néanmoins. Ayant appris qu’un médecin était demandé pour le Yémen, elle posa sa candidature qui, faute de concurrents, fut retenue. Puis, en juin 1950, elle obtint finalement l’accord de « Sa Majesté l’imam Ahmed » par l’intermédiaire du docteur Ribollet, chef de la Mission médicale française au Yémen, alors en congé en France.
Cette mission médicale était née quelques années auparavant, en 1946, lorsque le Dr Serin fut appelé en consultation par l’imam Yahiya pour soigner une des princesses de sa cour. Satisfait des services rendus, l’Imam réclama ensuite la présence permanente d’un chirurgien. En réponse, la France décida d’envoyer le Dr Ribollet. Rapidement la mission fut renforcée par six autres médecins. Cependant l’absence de confort, le manque de liberté, la parcimonie des moyens professionnels et les rapports délicats avec les autorités locales, autant de facteurs qui contribuèrent à réduire peu à peu cette mission. L’un des membres mourut sur place, les autres repartirent l’un après l’autre, dont le Dr Lansoy, seule femme du groupe. Le Dr Ribollet en restait l’unique membre, lorsque le Ministère des Affaires Etrangères décida d’y envoyer Claudie Fayein. Celui-ci devait décéder subitement en juin 1951 à Taez, quelques mois à peine après l’installation de Claudie Fayein à Sanaa.
Le 18 av ril 1952, sa première mission au Yémen prenait fin. Elle quitta Sanaa, cette fois en avion via Aden puis l’Arabie saoudite, pour retrouver les siens en France. Dans les années qui suivirent son retour, sa passion pour l’ethnologie l’amena à poursuivre sa formation dans cette discipline, puis à réaliser des enquêtes ailleurs dans le monde, en Albanie, en Yougoslavie et en Ouzbékistan. Mais elle consacra son temps surtout à faire connaître le Yémen. Elle multiplia les conférences, organisa à Paris au musée de l’Homme une exposition sur le pays avec les objets et les photos qu’elle en avait ramenés. Elle se lança aussi dans la rédaction d’un ouvrage qui parut en 1955 sous le titre Une Française médecin au Yémen. Avec beaucoup de sincérité, de sensibilité et de talent, elle y relate sa rencontre avec la société et les gens du Yémen qu’elle a su apprécier et aimer, sans pour autant taire ce qui la heurtait. Le livre connut un grand succès, d’abord en France, puis ailleurs en Europe à travers des traductions en anglais, allemand, polonais, serbe, russe, hongrois et suédois.
Après le renversement de l’imamat en septembre 1962, Claudie Fayein avait hâte de découvrir le « nouveau Yémen ». Mais la longue guerre civile, qui avait suivi le changement de régime, l’obligea à patienter jusqu’en 1969. Le 1er octobre 1969, elle rouvrit son carnet personnel pour y noter directement, à la suite du 18 avril 1952, la date de son retour au Yémen. De cette manière, elle ne pouvait exprimer plus fortement que pour elle, c’était la même aventure qui se poursuivait, malgré une longue interruption de 17 ans. Elle revenait au Yémen, à nouveau comme médecin, mais aussi comme ethnologue, cette fois dans une mission du CNRS dirigée par Joseph Chelhod et chargée de mener une étude anthropologique sur la société yéménite.
Muhsin al-‘Ayni, alors premier ministre, confia à Claudie Fayein la mission de contribuer, en tant qu’ethnologue, à la création à Sanaa d’un musée national où tous les Yéménites, à travers la diversité de traditions populaires régionales fortes, se retrouveraient rassemblés dans une trame historique nationale commune, sans discontinuité depuis les brillants royaumes sud arabiques préislamiques jusqu’à la révolution de 1962.
Elle reprit donc le service médical dans l’hôpital, qu’elle avait connu lors de sa première mission et où elle retrouva son amie, l’infirmière d’origine française Nagiba, tout en effectuant parallèlement de multiples voyages dans les différentes régions du Yémen pour collecter les objets qu’elle comptait exposer dans le musée en cours de constitution. En avril 1970, du Yémen du Sud, elle passa au Dhofar où elle accompagna pendant quelques semaines les maquisards du Front de Libération d’obédience marxiste qui contrôlait alors presque entièrement cette province du Sultanat d’Oman et qui était soutenu par la jeune république du Yémen du Sud.
Dès septembre 1970, à l’occasion de la fête nationale du 26 septembre, elle organisa une première exposition de photos, suivie l’année suivante d’une

1 L’ouvrage a aussi été republié en français et en arabe par le Ministère de la Culture yéménite en 2004, année où Sanaa avait été choisie capitale culturelle du monde arabe.

seconde, préparée en collaboration avec Alain Bertaud, architecte et expert auprès des Nations Unies. Peu après, le musée s’installa dans Dâr al-Shukr, superbe palais dominant la place Tahrir et construit en 1938, du temps de l’imam Yahiya. Si la section archéologique aménagée par l’italien Paolo Costa ouvrit ses portes dès février 1971, ce n’est qu’un an plus tard que les premières salles de la section ethnologique organisées par Claudie Fayein furent inaugurées. Jusqu’en 1981, au cours de missions régulières au Yémen mais moins longues que les premières, elle continua à rassembler des objets et à aménager de nouvelles salles dans le musée, dont une consacrée aux cérémonies du mariage. Dans cette entreprise, elle s’inspira très fortement de la muséographie développée autour des arts et traditions populaires en Europe, et tout particulièrement en France après la seconde guerre mondiale.
Le Musée National de Sanaa connut un immense succès : auprès des Yéménites qui affluaient en nombre tous les jours, mais aussi auprès des étrangers, de plus en plus nombreux à venir visiter le pays. Au début des années 1980, avec le développement concomitant de fouilles archéologiques à travers le pays, naissait l’idée de créer un nouveau musée. Aménagé dans Dâr al-Sa’ada, l’ancien palais de l’imam Yahiya voisin de Dâr al-Shukr, il ouvrit ses portes à l’occasion de la fête nationale le 26 septembre 1987. Il comprend une importante section ethnographique, avec notamment la salle de la mariée transférée dans le nouveau musée. Le premier musée, hébergé dans Dâr al-Shukr et fermé en 1989, devait être entièrement rénové pour devenir un grand musée ethnographique. Malheureusement, ce projet n’a toujours pas abouti. Pourvu que les collections, si patiemment constituées par Claudie Fayein, aient pu être préservées et puissent un jour prochain à nouveau être exposées au public.
En hommage aux très éminents services rendus à leur nation, les autorités yéménites proposèrent à Claudie Fayein l’honneur exceptionnel, pour une étrangère non arabe, de porter la nationalité yéménite. Elle l’accepta avec fierté en 1990, lorsque les deux Yémen réalisèrent l’unité qu’elle avait si ardemment souhaitée. Et c’est avec un passeport yéménite qu’elle effectua du 17 au 19 octobre 1993 son ultime voyage à Sanaa, comme invitée d’honneur du président Mitterrand lors de sa visite officielle, la seule jusqu’à ce jour réalisée par un président français au Yémen. Elle décéda à Paris en janvier 2002.

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Cette notice est reprise de la présentation faite par Michel Tuchscherer issue de l'ouvrage biographique posthume de Claudie Fayein édité par le CEFAS en 2

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