Aden (Yémen)

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Ahmad Muhammad Nu’mân : de la réforme de l’imamat à la construction de la république du Yémen

  • FR MMSH_013_MED _035
  • Fonds
  • 1913-1996

Alors que les archives yéménites de la période contemporaine sont rares, voire inaccessibles aux chercheurs, le fonds Nu’mân brille non seulement par son ampleur, mais surtout par sa grande valeur historique et documentaire. Intellectuel et homme politique de premier plan dans l’histoire du Yémen contemporain, Ahmad Muḥammad Nu‘mān a été un des chefs de file du mouvement de réforme éducative, politique, sociale et culturelle connu sous le nom de Yéménites « Libres » (al-Aḥrār) et qui a favorisé l’avènement de la République au Yémen en 1962. Publiciste de la cause des Yéménites soumis à l’autoritarisme sourcilleux de l’Imamat dans le journal al-Shabāb (La Jeunesse) au Caire et dans le journal Ṣawt al-Yaman (La Voix du Yémen) qu’il a contribué à créer à Aden en 1945, il s’est imposé comme une figure de référence pour les Yéménites exilés en Afrique, au Maghreb, et en Europe. Il fut un acteur majeur du développement de l’éducation au Yémen (professeur, organisateur de missions étudiantes yéménites au Caire dans les années 1940, fondateur de la première école moderne en 1935 et de l’université Bilqīs à Aden en 1961), mais aussi, malgré son opposition à l’autoritarisme et à la violence, un interlocuteur respecté de l’Imam Yahya (1904-1948), de l’Imam Ahmad (1948-1962), de l’Imam al-Badr et même du Président Nasser. Il fit entendre la voix du Yémen auprès de la Ligue arabe, et, après la révolution, il fut un conseiller incontournable au sein du Ministère des Affaires étrangères, mais surtout Premier Ministre (1965) et Vice-Président de la République (1974). Malgré ses nombreuses années d’exil, il n’a jamais disparu des débats politiques yéménites, continuant à correspondre avec les dirigeants yéménites, œuvrant en faveur de l’union de la république arabe du Yémen au nord et de la république populaire démocratique du Yémen au sud bien longtemps avant que l’union soit enfin réalisée en 1990. Il est, aux côtés de Mahmûd al-Zubayrî, son compagnon de lutte, la référence historique de tous ceux qui, aujourd’hui au Yémen, se tournent vers le passé du pays pour affirmer leur propre légitimité à prendre la parole dans le champ politique contemporain.
Il est, aux côtés de Mahmûd al-Zubayrî, son compagnon de lutte, la référence historique de tous ceux qui, aujourd’hui au Yémen, se tournent vers le passé du pays pour affirmer leur propre légitimité à prendre la parole dans le champ politique contemporain. Le traitement des questions de société (enseignement, société civile, réforme politique et sociale, structuration et orientations des partis politiques), trouvera dans ces archives des sources inédites. Elles permettront notamment de retracer en détail les activités du mouvement des Yéménites Libres et de ses protagonistes dans leurs objectifs de changement politique, de réforme et de développement national
Ces archives permettent aussi de nouvelles études sur l’histoire des relations interarabes et internationales, notamment dans le cadre de l’affirmation de l’indépendance du Yémen, unique république de la péninsule Arabique, au temps de la « guerre froide arabe » opposant entre régimes « progressistes » et régimes « conservateurs ». Les spécialistes de l’Egypte contemporaine et de l’Arabie Saoudite trouveront donc aussi dans ce archives une documentation précieuse.

Nu’mân, Ahmad Muhammad

Fatima Al-Baydani-Alzawiya

  • FR FR MMSH_013_MED _PHO_BAYD
  • Collection
  • 1979-2015

Entre 1979 et 2015, Fatima Al-Baydani-Alzawiya s'est consacrée à la collecte du patrimoine culturel immatériel au Yémen. Avec son association "Aydanout", elle a parcouru les 22 régions du Yémen de la Tihama au Hadramaout et de Saada à Aden et à Socotra entourée d’une équipe qu’elle a elle-même formée à la collecte et au traitement des données. Son projet était de collecter le maximum de matière possible sur le patrimoine culturel immatériel, en langue dialectale : chant, comptines, jeux d’enfants, récitation de poésie, danses, cérémonies de mariages… Techniquement, elle a privilégié la vidéo pour documenter ces différents sujets. Ce choix n’était pas le plus simple. Elle n’a cessé d’affronter différents obstacles de terrain : l’interdiction d’enregistrer ou de filmer des femmes, le frein représenté par la présence de matériel moderne, la peur de risquer des problèmes politiques en s’exposant publiquement… Face à ces difficultés, l’enquêtrice a dû utiliser des supports de collecte complémentaires : enregistrements sonores, photographies, prise de notes. Elle a parfois su trouver des alternatives en choisissant de filmer uniquement les pieds d’une danseuse, en s’accompagnant d’un dessinateur chargé de faire des croquis des séances, ou encore en choisissant de faire apprendre par cœur à son équipe des morceaux de littérature orale qui ne pouvaient être enregistrés ou transcrits. Son but était de garder une trace audible et visible dans toutes circonstances. Elle a utilisé les différents matériaux collectés pour mettre en place des actions pédagogiques telles que des ateliers et des spectacle qui ont donné lieu à la création de nouvelles archives également présentes dans le fonds. Elle a financé sa recherche en grande partie avec ses deniers personnels puis a obtenu quelques financements. Ses travaux l'ont amenée à collaborer avec le CEFAS (Centre français d’archéologie et de sciences sociales de Sanaa), le Centre Culturel Français, ainsi qu’avec l’École Normale Supérieure de Paris (ENS). Fatima Al-Baydani-Alzawiya a mené un travail unique au Yémen. Aucun autre chercheur n’avait encore ainsi concentré son regard sur les femmes, et aucune enquête n’avait porté sur l’ensemble du territoire du Yémen. En collaboration avec Jean Lambert, ethnomusicologue et anthropologue spécialiste du Yémen, Fatima Al-Baydani-Alzawiya avait commencé un travail d’archivage sur place, avec le soutien financier du Fonds Social de Développement local et le soutien technique de professionnels français. L’enjeu était de préserver et de rendre ses données accessibles, notamment pour les chercheurs et diplomates de passage au Yémen pour qui Fatima Al-Baydani-Alzawiya et son association étaient devenus une référence. L’objectif était de créer un centre de ressources. Le projet a pris fin en 2011 lorsque la chercheure a dû quitter le Yémen du fait de l'instabilité politique. Elle a déposé l’ensemble des données récupérées à la phonothèque de la MMSH, dans le cadre d’une convention avec le laboratoire IREMAM.

Al-Baydani-Alzawiya, Fatima (Enquêtrice, Responsable de l’association)